Le préparateur charismatique de l'OL, au club depuis 1991, estime que Lyon va se qualifier en 1/8 de finale de la C1. Il avoue aussi que l'équipe d'Alain Perrin est en phase de reconstruction. Robert Duverne évoque aussi les différents qui l'ont opposés à Alain Perrin, ainsi que les graves blessures de Greg Coupet et de Cris.
Ce match à Stuttgart représente-t-il la dernière chance de Lyon en Ligue des Champions ?
On joue notre avenir dans cette compétition. Il faut gagner ! Stuttgart est dans la même situation que nous et doit l'emporter. ça rend ce match, ainsi que le retour deux semaines plus tard à Gerland, vraiment passionnant. Cela dit, malgré un compteur figé à zéro, je pense que l'on peut se qualifier pour les 1/8 de finale. J'en fais mon unique objectif.
Pour vous, il n'est donc pas question de parler d'une troisième place qualificative pour la Coupe de l'UEFA ?
Non ! On va à Stuttgart pour prendre les trois points et poursuivre notre aventure en Ligue des Champions.
Comment expliquez-vous les déclarations inhabituelles de Juninho juste après la défaite contre les Rangers : " il faut désormais penser à la Coupe de l'UEFA " ?
Cette réaction est à mettre sur le compte de la déception. Il était encore sous le choc du score (3-0). C'est toujours frustrant de perdre de la sorte face à un adversaire direct. On sait très bien que l'équipe qui aura pris le plus de points à Lyon, Glasgow ou Stuttgart, aura de grande chance de se qualifier. Voilà pourquoi Juni a réagi de la sorte. à Lyon d'aller prendre des points à Glasgow et à Stuttgart. Moi, je me refuse aujourd'hui à parler d'élimination.
Avouez que ce genre de discours était inconcevable les saisons précédentes...
C'est vrai. Mais je connais très bien Juninho. Au moment de préparer le match à Stuttgart, je suis certain qu'il va aborder l'événement autrement. Son discours sera très positif. Il va tirer l'équipe vers le haut. Faisons la part des choses entre une déclaration et sa portée. Contre Glasgow, Juni a sondé le match.
Comment analysez-vous le début catastrophique de l'OL en coupe d'Europe ?
La défaite à Barcelone n'a rien d'extraordinaire. Il n'y a pas de honte à perdre un match là-bas. En revanche, la défaite contre les Rangers fait franchement désordre. Surtout quand on voit l'ampleur du score. En Ligue des Champions, dès que l'on se loupe dans l'organisation de jeu, on le paie cash. Est-ce que cela fait pour autant des Rangers une grande équipe européenne ? Pas sûr.
Ces résultats ne cachent-ils pas autre chose ? On dit que les relations entre les joueurs, certains membres du staff technique et Alain Perrin ne sont pas bonnes...
Non, ça s'est calmé. Les médias ont eu vent de ces informations un bon mois après une situation qui fut effectivement conflictuelle. Les tensions ont existé au début, au moment de la prise de pouvoir d'Alain Perrin. Aujourd'hui, on est dans un mode de fonctionnement plutôt que dans un mode de dysfonctionnement. Le groupe a quand même très bien réagi après un début de championnat délicat. Il faut qu'il y ait une union pour aller chercher une qualification et oublier tout cela.
Comment se traduisait ce dysfonctionnement ? Est-ce vrai qu'Alain Perrin voulait tout contrôler ?
Il défendait une façon de voir les choses, et moi une autre... Il y avait trop de divergences dans les convictions des uns et des autres. à un moment donné, il a fallu retrouver ce qui pouvait être le mieux pour les joueurs et le jeu de l'équipe. Je ne trouve pas anormal qu'Alain Perrin ait voulu travailler avec ses convictions. Mais dans un autre sens, je ne trouve pas anormal qu'un staff technique rodé mette en avant un mode de fonctionnement qui avait déjà fait ses preuves.
Avec les joueurs, que se passe-t-il ? Juninho a quitté une séance vidéo après la défaite à Barcelone. Ce n'est pas anodin...
Aujourd'hui, il y a beaucoup plus d'infos qui sortent du vestiaire de Lyon. Est-ce important ? Par le passé, il y a eu des absences à des entraînements qui n'ont jamais été ébruitées. On n'en faisait pas autant à l'époque. Il y a de nouvelles méthodes de communication. Mais il ne faut pas en tirer des conclusions trop hâtives et dire que rien ne va. Il n'y a jamais eu le moindre entraînement bâclé, ni aucun joueur qui n'y a pas adhéré. C'est plus pertinent de relater ce genre de choses que de parler de cette histoire de vidéo. Avec Juninho, il n'y a jamais eu le moindre problème.
Êtes-vous d'accord pour dire que Lyon vit une année de transition ?
Je ne peux pas dire ça, car cela voudrait dire que nous ne sommes pas assez optimistes ou ambitieux. S'il y a une transition, elle est dans la manière et l'évolution du style de jeu de l'OL. Les joueurs sont nouveaux, nous sommes donc dans une année de construction. Lyon a connu de très belles années de confirmation de groupe, comme l'an dernier en début de saison, ou il y a deux ans quand nous sommes allés jusqu'en 1/4 de finale contre le Milan AC. Une chose est sûre, je ne veux pas que l'on revoit les objectifs à la baisse.
L'équipe est-elle donc moins forte que l'an dernier ?
Bien sûr. Une équipe qui a des références de temps de jeu sera toujours meilleure qu'une nouvelle équipe. Cela ne veut pas dire que les éléments qui constituent cette équipe sont moins bons. Mais le groupe qui a joué en Ligue des Champions à Barcelone, ou contre Glasgow, n'avait aucune expérience en Coupe d'Europe.
Tout le monde est-il conscient de cela ?
J'espère bien. Mais ce n'est pas catastrophique. Un nouveau projet est en train de prendre forme. Il ne faut pas que ce projet ait à subir douze mille changements. Même si les objectifs ne sont pas atteints, il faut se dire que le projet initial de cette équipe, qui découvre la Coupe d'Europe, ne peut pas être tout de suite le même projet que l'équipe d'Essien, Malouda, Abidal et Diarra, en pleine possession de ses moyens.
Cela ne tombe pas au meilleur moment, quand on sait que le club vient de lancer son projet OL Land et que son action est cotée en bourse...
On nous a toujours dit que l'entrée du club en bourse était quelque chose de bénéfique pour le sportif. Pour nous, le plus grave, c'est la défaite sur le terrain. Si on rajoute une dimension boursière à la défaite sportive, ça va être compliqué. Le sportif n'est pas là pour aider la bourse, mais plutôt le contraire.
Sentez-vous une pression supplémentaire de la présidence par rapport à la saison dernière ?
(Catégorique.) Non ! Le président Aulas est beaucoup plus présent car il vient de mettre en place une nouvelle équipe et veut l'aider à trouver les moyens de bien fonctionner. C'est une bonne présence. C'est normal de s'impliquer de la sorte.
Votre méthode de travail a-t-elle changé depuis l'arrivée d'Alain Perrin ?
Non. Il y a une autre approche dans la relation entre préparation physique et entraînement technique. Mais mes contenus restent inchangés.
Les graves blessures de Coupet et Cris ont-elles ralenti l'éclosion de cette nouvelle équipe ?
C'est indéniable. Vous oubliez aussi les blessures de Fred, de Sébastien Squillaci, de Patrick Müller... Cleber Anderson n'était pas encore arrivé. La préparation est donc chamboulée car les solutions de rechange ne sont pas nombreuses. Cela conditionne le travail de préparation physique. On hésite à faire des choses les veilles de match car on redoute la blessure. Tout cela a perturbé plus ou moins notre départ. Mais notre grand soulagement est de se retrouver début octobre avec un groupe quasiment complet, à l'exception de Gregory (Coupet) et de Cris.
Vous avez été considéré comme le sauveur de l'équipe de France durant la Coupe du monde. Pouvez-vous être le sauveur de l'OL cette année ?
Ce n'est pas le physique qui va faire sortir la tête de l'eau de Lyon, c'est plutôt notre style de jeu. Que l'on redevienne, avec la méthode Perrin, une équipe qui a soif de victoires, qui a les moyens d'imposer son jeu, de se rendre irrésistible. C'est comme ça qu'on valorisera des Keita, Ben Arfa, Benzema... Je pense que ces joueurs sont prêts.
Est-ce avec Alain Perrin que vous avez eu le plus de difficultés à collaborer, à travailler ?
Au début, il y a eu peut-être un conflit de personnalité. C'est la vie. L'intérêt, c'est le groupe. Maintenant, si on ne peut pas travailler ensemble, on ne travaillera plus ensemble...
Envisagez-vous un tel cas de figure ?
Non. Mais c'est vrai qu'au tout début, la question s'est posée. Ce n'est qu'au travers de la compétition que l'on découvre les gens et leur mode de fonctionnement. Là, on est en plein dedans. Il se peut que l'on se fatigue à travailler ensemble comme, au contraire, qu'on s'entende de mieux en mieux. Mais il y a du respect entre nous.
Finalement, l'issue de cette première phase de Ligue des champions conditionne-t-elle la suite de la saison aussi bien sur le sportif qu'au sein du staff technique ?
Je ne pense pas ! Après, c'est au président de prendre une décision. S'il estime que l'objectif européen n'a pas été atteint, il prendra peut-être une décision. En championnat, nous sommes en route pour le titre, je ne pense donc pas qu'il prendra une décision radicale. Maintenant, si nous étions quinzièmes de la L1, ma réponse serait bien sûr différente. (MyFreeSport)
Ecrit par lulu castagnette, le 18-10-2007 21:08 merci à vous pour avoir tenu compte des remarques des internautes.à la lecture des propos tenus par robert duvernes, je le trouve particulièrement ambitieux, ce qui fait plaisir dans une période où les résultats et le spectacle fourni sont e moins bonne facture que l'&nnée précédente |
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