Officiellement Lyonnais depuis ce samedi soir, Jean-Alain Boumsong est revenu sur ses derniers mois dans le club Italien de la Juventus de Turin et sur son transfert à l’Olympique Lyonnais. Interrogé par le site football365, le joueur s'est dit heureux de son choix et a également affirmé qu'un possible retour en Bleus pour accrocher l'Euro 2008 l'alléchait particulièrement.
Jean-Alain Boumsong, quel est votre sentiment après cette signature à Lyon ?
Je suis très soulagé que cela soit officiel. Je suis prêt maintenant à me mettre au travail et à bosser.
Comment avez-vous vécu ces dernières heures ?
En
fait, je ne doutais pas de l’issue des négociations mais il fallait
faire preuve de patience et ne pas céder à la panique. J’étais confiant
et ma détermination était certaine. Je suis donc très heureux.
Avez-vous compris cette volte-face de dernière minute de la Juventus ?
Peut-être
que je suis devenu le meilleur défenseur du monde, je n’en sais rien
(Rires). Non, je n’ai pas compris cette volte-face mais j’essaie de ne
pas trop y penser. Je n’essaie même pas d’y réfléchir tellement c’est
incompréhensible. Mais le plus important maintenant est de regarder
devant. Mon avenir est avec l’OL et je dois tout de suite me remettre au travail pour bien débuter et surtout faire de bonnes saisons avec Lyon.
La Juventus restera-t-elle tout de même un bon souvenir ?
Oui,
ça restera quand même un très bon souvenir. J’ai fait le choix d’aller
à la Juventus en Serie B car c’était pour moi une opportunité de
rejoindre un grand club mais surtout Didier Deschamps. Je savais qu’en
étant en Serie B, même dans un grand club, il me fallait un grand
entraîneur qui me fasse progresser. Avec Didier Deschamps, cela a été
le cas. Et j’ai connu à la Juventus de grands joueurs doublés de grands
hommes. Un mec comme Del Piero, c’est un très grand capitaine, un
monsieur exemplaire. Buffon aussi. Donc j’en garde un très bon souvenir
même si les derniers mois ont été difficiles. Mais peut-être qu’il faut
passer par des moments comme ceux-là pour pouvoir grandir. Dans une
carrière de footballeur comme dans une vie d’homme.
Entre votre court passage à Newcastle et cette demi-saison en Serie A à la Juventus, vous n’avez pas été épargné…
Non,
c’est clair. Heureusement qu’entre Newcastle et cette saison avec la
Juventus, il y a eu la saison dernière en Serie B, qui était bonne quoi
qu’on en dise. Le début a été un peu difficile mais ensuite, j’ai fait
une bonne saison. Là, j’étais de nouveau reparti pour une saison
difficile. Un nouvel entraîneur qui arrive avec de nouvelles méthodes
et ses idées à lui. Je ne faisais pas partie de ses plans. Je regrette
simplement de ne pas avoir eu l’opportunité de m’exprimer et de montrer
que j’avais le niveau. C’est la vie et je dois me servir de cette
expérience pour grandir.
Et faire taire les critiques car vos détracteurs se sont régalés ces derniers temps…
C’est
vrai que j’ai pris cher. Je regrette surtout l’acharnement. Les
critiques font grandir mais quand elles ne sont pas objectives, elles
peuvent détruire. Moi, cela n’a pas été le cas mais je trouve dommage
qu’elles soient souvent difficiles et injustifiées. Mais la vie n’est
pas toujours simple. Il faut justement essayer de faire son
autocritique et ne pas céder face aux critiques qui n’ont pas lieu
d’être.
Vous êtes-vous remis en question ?
Oui. Mais
dans ces moments-là, il ne faut pas non plus se poser trop de
questions. Sinon, on entre dans une spirale destructrice. En Italie,
j’ai peut-être payé le fait d’être un joueur amené par Didier
Deschamps. Quand il est parti, j’ai été la cible des critiques. En
plus, j’ai été critiqué alors que je n’ai pratiquement pas joué. Il
faut que l’on m’explique. La saison dernière, j’ai fait une bonne
saison. Pourtant, dès que l’équipe faisait un mauvais match, j’étais
énormément critiqué. Nous avons quand même terminé avec l’une des
meilleures défenses de Serie B et j’ai joué tous les matchs ou presque.
Ce n’est quand même pas négligeable. Les statistiques parlent en ma
faveur. Mais je ne vais pas m’attarder là-dessus. Je sais que dans ce
milieu, des gens font bien leur métier et d’autres moins bien. Aussi
bien les entraîneurs, les joueurs que les journalistes. C’est tout le
monde.
Lyon était-il aujourd'hui la meilleure opportunité qui pouvait se présenter à vous ?
C’est
une des meilleures. Car Lyon est pour moi le plus grand club français.
D’ailleurs, je n’ai pas hésité un seul moment. J’ai fait des
concessions non négligeables financièrement parlant pour pouvoir
rejoindre l’OL. Car je veux retrouver du plaisir et rejouer. Cela passe
par du travail. Je viens pour connaître de nouveau la joie du succès,
pas en me disant que cela va être plus facile qu’à la Juventus. Pas du
tout. Lyon est un grand club. Et dans un grand club, il y a de la
concurrence.
Juninho rappelait récemment qu’une fois que Cris serait
revenu, la concurrence ne concernerait plus qu’une seule place en
défense. Que vous inspire cette réflexion ?
Je ne veux pas
polémiquer là-dessus. Ça ne sert à rien. Je veux simplement dire que
dans un grand club, il y a de la concurrence. Certes, il y a des
joueurs qui sont importants mais mon humble expérience m’a appris que
le sport de haut niveau est une remise en question perpétuelle.
D’ailleurs, la vie est ainsi faite. Dans le football,
cela va très vite. Dans le bon comme dans le mauvais sens. Quelle que
soit la position que l’on a, si l’on s’endort sur ses lauriers, on peut
la perdre. Et en travaillant, on peut obtenir une très belle
récompense. Seul le travail paie et rien n’est acquis dans la vie.
Encore moins dans le football.
Mais vous savez qu’on vous a un peu perdu de vue ces derniers temps…
Oui
mais ce n’est pas pour me déplaire. J’étais très heureux. Peut-être que
l’on m’a perdu de vue car je ne suis pas un joueur qui accorde une
relative importance aux médias. J’aime être discret. Mais
effectivement, le fait d’avoir joué en Serie B la saison dernière, le
fait de ne plus avoir joué cette année et de ne plus être présent en
équipe de France, comme cela avait été le cas les années précédentes,
font que l’ubiquité a été moindre. Mais que je sois perdu de vue ou
pas, le plus important pour moi est d’être heureux dans ma vie d’homme
et aussi de footballeur. J’espère que cela sera le cas à l’OL.
Avez-vous toujours les Bleus en ligne de mire ?
Oui,
bien sûr. Mais ça passe d’abord par de bons matchs à Lyon. Si je joue
bien, j’espère que l’horizon des Bleus s’éclaircira pour moi et que
l’équipe de France arrivera naturellement par la suite. (avec Football365)
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