Joël Bats, l'entraineur des gardiens de l'OL, a eu l'extrême
gentillesse de nous accorder une grosse demi-heure, mercredi matin,
dans le but de réaliser une interview exclusive. Voici donc la
deuxième partie de l'interview. Au programme : les questions des
internautes d'Espace-OL ainsi qu'une partie moins serieuse et plus
détendue, lisez plutôt !
Interview Joël Bats, Partie II : Questions des Internautes Par Maxime de Castres, Akim, Jérôme, Anis, Rodolphe et Skyman69 : Sachant que Gregory Coupet n'est pas éternel, qui pourrait, selon vous, garder les cages lyonnaises après sa retraite ? « Pour moi la succession de Gregory Coupet n’est pas d’actualité. On a parlé d’un ou deux gardiens qui avaient un bon potentiel comme Hugo Lloris. Il y a Rémy Vercoutre qui a fait un très bon intérim, qui n’a quand même que 27 ans et qui arrive dans sa maturité, donc ses meilleures années. Après, moi je pourrais proposer quelqu’un, mais ce sera le club qui décidera. Quant à Greg je pense qu’il ira au bout de ses deux ans de contrat qui lui restent.
Par Coupet88 : On voit que tu vis les matchs intensément, que ressens-tu lorsque Greg arrête le pénalty de Van Nistelrooy à Bernabeu dans les dernières minutes par exemple ? C’est bien sûr de grandes émotions. Mais plus que ça encore, ce sont un tas de petites choses qui ne sont pas toujours perceptibles par le public : un comportement, un ballon qui paraît peut-être anodin où il fait ce qu’il fallait faire et que personne n’a pas forcement vu alors que nous, on sait qu’on le travaille régulièrement à l’entraînement. Après, Bernabeu c’est l’instinct, et on a aussi des petits codes entre nous. Il sont importants ces petits codes que l’on a. Ce sont des codes qu’on a entre amis, on sait pourquoi il l’à fait, c’est une complicité. C'est-à-dire que je vis mes émotions à travers lui sur le terrain.
Par Toinoulebelge: Est-ce que un des gardiens remplaçants de Lyon vous impressionnent ? Ils ont un super état d’esprit, je parle toujours d’une équipe dans l’équipe, on est quatre gardiens et on bosse super bien. On est aussi les garants de certaines valeurs d’humilité de travail car les gardiens ont jamais le droit á l’erreur donc on doit être toujours au top, toujours concentré même à l’entraînement. On essaye toujours d’être des leaders et ce sont des super gars qui donnent tout à chaque entraînement, ce qui par ailleurs permet aux attaquants d’être toujours plus forts parce que c’est pas facile de marquer un but.
Par Holmes' et Stéphane de st-priest : Joël, pour quelles raisons avez-vous accepté la proposition de l’Olympique Lyonnais en 2000 ? C’est une proposition qui ne se refuse pas. D’abord parce qu’on sentait que le club était un club d’avenir, et puis ensuite parce qu’après un petit intérim à Châteauroux, j’avais envie de très vite retrouver le haut niveau, ce que Lyon a représenté à mes yeux.
Par Chatix : Quel souvenir gardez-vous de votre passage à la Berrichonne de Châteauroux et suivez-vous toujours les résultats de ce club? Oui, je suis les résultats du club, je sais qu’il souffre pas mal en ce moment et que ce n’est pas facile. Depuis 1998, année où je les ai quittés, ils ont du mal à enchaîner. Ce n’est pas évident, il faut beaucoup de patience. On ne reconstruit pas un club comme celui-là en un coup de baguette magique. Par Negus69:Est-ce que vous trouvez que le poste de gardien de but a beaucoup évolué entre votre époque et aujourd’hui ? Forcément, tout va plus vite, c’est un poste où les règles ont encore changé. C’est un poste où il faut être très bon du pied et avoir une bonne lecture du jeu. C’est aussi un poste où les ballons vont de plus en plus vite et sont de plus en plus flottants. C’est de plus en plus dur de bloquer les ballons, il faut donc aussi apprendre à les dégager, à les repousser. C’est un poste qui bouge sans arrêt, il faut sans cesse s’adapter et se remettre en question et il faut être toujours à la pointe. De nos jours, il y a également beaucoup de joueurs capables de faire la différence alors qu’à mon époque il n’y en avait que deux ou trois. Par Patrick: Croyez-vous que le poste de gardien soit le plus difficile au foot ? C’est le poste le plus complet, c’est celui où il y a le plus de travail. Dans la semaine, on répète toutes les gammes, toutes les situations possibles, les un contre un, les centres, les sorties, on répète tout car on sait qu’il y en a une de toutes celles-là qui va arriver et il faudra être prêt à ce moment.
Joël Bats à l'entraînement
Passons maintenant à des choses moins sérieuses. Qu’écoutez-vous en ce moment ? Le dernier album de The Eagles qui s’appel Long Road Out of Eden, ça te donne envie de prendre ta voiture et d’aller rouler comme ça !
Quelle est votre plus grande fierté ? D’être resté toujours moi-même, et dans ce milieu ce n’est pas toujours facile.
Quel est votre geste technique préféré ? Le planté de fourchette dans le bon steak avant le match. (Rires)
Pensez-vous que l’OL gagnera la C1 dans un avenir proche ? On l’espère, on fait tout pour, après ça dépend de beaucoup de choses : de la chance, de petits détails… Mais le club se donne les moyens de le faire en tout cas.
Quel fut le premier match que vous avez été voir dans un stade ? J’ai été voir un match à Bordeaux, les dirigeants du club de Mont-de-Marsan avaient emmené quelques joueurs pour assister au match. C’était en nocturne, mais je ne me rappelle plus contre qui ils avaient joué. Le gardien de but de l’époque s’appelait Rigoni. Ca devait être dans les années 70.
Qui supportiez-vous étant plus jeune ? Les Girondins de Bordeaux car c’était le club de ma région.
Si je vous offre une baguette magique (un vœu), que faites-vous ? La guérison de ma sœur. Qu’est-ce qui vous manquera le plus après le foot ? La vie de groupe, la vie en communauté, la jeunesse de tous ces joueurs, la passion, les poussées d’adrénaline sur le banc, l’odeur de l’herbe en arrivant le matin.
Pour ou contre l’arbitrage vidéo ? Pour.
Etes-vous branché politique ? Non.
Quel est le dernier voyage que vous avez fait ? C’était Yellow Stones aux Etats-Unis l’année dernière.
Avez-vous déjà pleuré pour l’OL ? Ca m’arrive souvent de verser ma larme sur le banc, plus de joie d’ailleurs que de tristesse.
Quelle était votre matière préférée à l’école ? Le sport et le Français.
Je suis le dieu du football et vous offre au choix la coupe de France, le septième titre ou la cham-pions league cette saison, que prenez-vous ? Le titre de Champion c’est le travail de toute une année, alors que la Ligue des Champions, c’est la forme du moment sur un ou deux matches. Je prendrais quand même la Ligue des Champions, mais c’est bien de courir après un Graal des fois et ça permet d’être costaud dans les autres compétitions.
Enfin, si vous pourriez revenir à un moment de votre vie, quand serait-ce ? J’aimais bien les après-midi d’été chez mes grands-parents à la campagne, en pleine nature. Il y avait des pins, des champs, des vaches, des cochons, des grappes de raisin qui commençaient à mûrir, le maïs qu’on ramassait, enfin tout des trucs que vous les jeunes ne connaissez malheureusement pas. Ce sont des valeurs qui vous font garder les pieds sur terre.
Joël en 4 Lettres (Par lui-même)
J
comme… Joie
O comme… Oh lala … !
E comme… Entier ou Eternel
L comme… Loyauté