Joël Bats, l'entraineur des gardiens de l'OL, a eu l'extrême gentillesse de nous accorder une grosse demi-heure, mercredi matin, dans le but de réaliser une interview exclusive. Après une brève partie sur sa carrière, l'actualité du club lyonnais et son association ont été évoqués à travers de nombreuses questions. Afin de faire durer le moment, l'interview est coupée en deux parties, la suite dimanche...
Revenons rapidement sur votre carrière, comment êtes-vous devenu joueur pro ?
« Je suis devenu joueur pro un peu par accident au départ, parce que je suis issu de Mont de Marsan qui est le pays du Rugby, donc il n’y avait pas de grande équipe de football hormis Bordeaux, mais c’était a 120Km de chez moi et donc j’ai eu la chance de pouvoir faire des stage et d’avoir été sélectionné en équipe de ligue en cadet, ensuite j’ai fait un stage a Saint Etienne, et un stage à Sochaux, j’ai été remarqué à Sochaux, donc je suis devenu pro comme ça. Au départ je jouais attaquant, et le gardien de mon petit club s’est blessé et je l’ai remplacé, donc je suis devenu gardien un peu par accident. Cela m'a plus tout de suite car je touchais beaucoup de ballons, et j’avais un oncle qui jouait gardien aussi dans l’équipe première de mont de Marsan et donc ça m’a un petit peu inspiré.
À quel moment avez-vous senti que ce que vous désiriez c’était de devenir joueur pro ?
On ne le sent pas, on dit qu’on a envie surtout, on veut devenir joueur pro, après on se donne tous les moyens et c’est pour ça que je suis parti a Sochaux, à l’époque il n’y avait pas beaucoup de centre de formation, il y en avait un à Sochaux, St Etienne, Nantes. A Bordeaux il n’y en avait pas par exemple. On voulait que j’aille là bas et que je m’entraine le soir tout en allant à l’école la journée, c’est pour ça que je suis parti pour tenter ma chance dans un vrai centre de formation. Pour faire de cette passion un métier.
Comment êtes-vous passé du statut de joueur à celui d’entraineur ?
Ca ce fait naturellement, là j’ai 51 ans, les dernières années que j’ai jouées j’ai commencé a passer les diplômes d’entraineur puisque ça m’intéressait. J’ai passé le DEPF que j’ai passé avec Claude Puel, Paul le Guen. Quand on sent qu’on est bien dans une passion il faut tout donner, le foot m'a tout donné je lui rends, je me sentais utile dans ce métier la, et faire partager mon expérience. Je suis donc passé naturellement du terrain au banc tout de suite à Paris quand j’ai arrêté de jouer, je me suis retrouvé entraineur adjoint avec Arthur Georges, j’étais entraineur des gardiens, et j’allais superviser les adversaires européens.
Comment voyez-vous la suite de votre carrière ?
Pour l’instant j’ai encore 2 ans à l’OL ensuite on verra, si je suis atteint par la limite d’âge ou pas, la passion est la toujours intact, après il faut avoir les jambes. Entraineur des gardiens c’est un métier physique donc il faut donner beaucoup de soit. On verra bien, mais j’espère longtemps encore.
On vous voit souvent parler de longues minutes avec les gardiens avant un match. Qu’est-ce qui se dit dans ces moments là ?
On parle de notre métier, l’approche du match, parler de l’adversaire, se dire un petit peu ce qui nous attend, se dire si c’est une équipe qui a des frappeurs de loin, si il y aura beaucoup de centres, on anticipe sur ce qu’il peut se passer et sur les qualités individuelles des attaquants, c’est le mettre en garde. Après c’est l’approche psychologique du match, pour que le gardien soit super bien dans sa tête quand il rentre sur le terrain.
Joël Bats à l'entraînement
L'Olympique Lyonnais, et le Football en général
Quel rôle avez-vous joué auprès de Gregory Coupet lors de sa blessure ?
Le rôle d’un entraineur des gardiens, d’un psychologue, d’un frère et aussi d’un confident par moments. On passe par beaucoup d’états d’âme lorsqu’on vit ces situations là. Mais bon Greg c’est un guerrier donc je savais qu’il reviendrait.
Auriez-vous pensé que Gregory Coupet reviendrait aussi vite à son meilleur niveau ?
Je savais qu’à la reprise en Janvier il serait super bien. Avant janvier il n’était pas tout à fait prêt mais depuis il est super bien dans toute son intégrité physique et dans tous les entrainements qu’il fait. Après, il veut retrouver un rythme de match, ce qu’il est en train de faire.
Rémi Vercoutre a eu des débuts difficiles avant de retrouver un excellent niveau. Quel a, selon vous, été le déclic qui lui a donné la confiance qui lui manquait ?
C’est la répétition des matchs. Il n’avait pas beaucoup de matches derrière lui donc il lui manquait tout ce qui entoure une préparation de match ainsi que la notion de répétition de l’effort lorsque l’on joue tous les trois jours. Et il faut savoir récupérer… mais il a bien su s’adapter car il a très bien terminé. On ne passe pas comme ça d’un statut de remplaçant à un statut de titulaire en 6 mois. Il l’a très bien fait, il a été fantastique ! C’est donc un manque d’expérience et de repère au départ.
Karim Benzema a évité le pire aux lyonnais, dimanche, en égalisant face à Saint-Etienne à la dernière minute. Comment a-t-on vécu ce moment sur le banc, puis dans le vestiaire ?
Ce sont ces émotions qui font le bonheur de notre métier car on est derrière eux au quotidien. On les pousse, on parle avec eux, on les encourage, on les aide, on essaye de trouver des solutions et de les faire progresser. Après il y a l’adrénaline qu’on a quand on est sur le banc. Mais là, c’était le fait de ne pas perdre qui était important. Vivre sa passion c’est aussi ça : savoir éclater, exploser sur un banc lorsqu’il y a une joie comme celle-là. C’est pour de telles joies que je vis moi.
La ligue des Champions approche, quelles sont les réelles chances de qualification de l’OL ? Quel joueur vous fait le plus peur côté Mancunien ?
Nos chances de qualification sont aussi importantes que celles que l’on avait les années précédentes. Peut-être même plus car pour la première fois depuis quelques années nous ne sommes pas favoris. Donc au final on n’a pas grand chose à perdre… et puis être éliminé par Manchester c’est moins une tare que d’être éliminé par l’AS Rome, sans leur manquer de respect. Nous sommes là pour inverser la logique. Si l’on retrouve l’intégrité et le potentiel de tous nos joueurs et s’il n’y a pas d’autres blessés au moment de les affronter, on pourra faire quelque chose de très intéressant. Manchester est un peu une équipe comme Lyon, ils possèdent de très grosses individualités. Mais c’est quand même une équipe qui a l’habitude de la compétition à ce niveau là et qui joue pour le titre de champion d’Angleterre. Défensivement, je pense qu’eux comme nous ont quelques petits soucis, et on est vraiment capable de les faire douter.
Karim Benzema et Hatem Ben Arfa sont énormes depuis le début de la saison. Comment expliquez-vous leur, bien que prévisible, explosion soudaine ? L’OL aura-t-il les moyens de garder ses deux perles rares face aux cadors européens ?
Pour Hatem, c’est pareil que pour Rémi (Vercoutre). Il enchaine les matchs et a plus de repères. Pour Karim c’est plus logique car il a beaucoup de temps de jeu. C’est un phénomène. Mais on n’est pas surpris, on l’attendait à ce niveau là. Il a beaucoup progressé dans la finition et dans la répétition des efforts. L’année dernière il a eu un peu de mal à enchainer les matchs et a souvent été blessé contrairement à cette année. Si on pourra les garder ? Il faut demander ça au président. Ce sont deux jeunes joueurs qui ont encore besoin d’apprendre pour progresser. Je pense que l’OL est le club qui leur faut pour continuer cette progression.
OL Land devrait voir le jour à Décines en 2010. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Faites-vous partie des personnes nostalgiques à l’idée de quitter Gerland ?
C’est le football des années 2000. C’est un football marketing business et on ne peut pas y échapper. D’un autre coté, c’est bien que les championnats puissent disposer d’un produit de qualité. Quand on voit un match filmé par la télévision anglaise et que tout de suite après vous regardez, sans être péjoratif, un Valenciennes-Lille, on peut vraiment dire que le stade change tout. Je pense qu’on a quelques vieux stades en France qui méritent d’être rénovés. Quitter Gerland ? Moi j’aime beaucoup Gerland, je trouve qu’il y a une magie dans ce stade. Vous savez quand Arsenal a quitté Highbury pour son nouveau stade, l’équipe faisait beaucoup de matchs nuls au début. Ils n’y arrivaient pas à cause des nouveaux repères. Mais au final, on s’habitue à tout.
Mis à part les gardiens de l’OL, quel est le gardien qui vous impressionne le plus en France ? Et en Europe ?
En France j’aime beaucoup Hugo Lloris (OGC Nice). C’est un gardien qui a une marge de progression très intéressante. Steve Mandanda est un très bon gardien aussi mais je dirais qu’il est presque a son summum, il a donc un très bon niveau.
Le logo de l'association Huntington Espoir
Son association
Qu’est ce qui vous a poussé à parrainer l’association Huntington Espoir ?
Tout a débuté à la suite d’une rencontre avec un malade où j’ai découvert une maladie terrible que je ne connaissais pas. J’ai donc voulu la faire connaitre et surtout aider les malades. C’est toujours plus facile d’aider à luttre contre des maladies qui, comme celle-ci, touchent les enfants. Ici, il s’agit d’une maladie génétique, héréditaire et incurable qui peut toucher les jeunes entre 15 et 20 ans, voire même plus. Ils ont autant besoin d’aide que les enfants, je voulais donc mettre en lumière cette maladie. J’ai aussi parrainé cette association car elle siège dans le sud-est. Je suis donc beaucoup plus disponible que si je devais faire beaucoup de kilomètres pour monter à Paris ou autre.
Comment a germé l’idée des foot-concerts ?
L’idée est née d’une rencontre avec Michael Jones. On a mangé un midi ensemble, on a discuté et on est parti sur l’idée de Yannick Noah qui fait des Tennis Concert. On a donc voulu mélanger l’univers de la musique et du sport. C’est pour cela qu’on en est arrivé à ce produit là. D’ailleurs ça marche super bien, les familles et les malades qui viennent sont ravis. Les artistes sont également heureux de partager cette journée ensemble puisqu’ils peuvent soit jouer au football, soit faire de la musique. L’année dernière par exemple, Bixente Lizarazu a joué de la guitare tandis que Yannick (Noah) était sur le terrain. Tous ces mélanges-ci sont bon-enfants. On récolte des fonds tout en faisant plaisir aux artistes et au public.
Est-ce dur de mobiliser un grand nombre d’artistes et de footballeurs aussi conséquents ? Ou bien au contraire les personnes se proposent-elles d’elle-même ?
Ce n’est pas évident car ils ont toujours des problèmes de dates et de disponibilité. La disponibilité de cœur ils l’ont, après la disponibilité tout court c’est plus difficile à avoir.
Propos recueillis par M.Dumont et F.Bogey
Ecrit par toinoulebelge, le 01-02-2008 18:01 allez lyon |
Ecrit par Gio, le 01-02-2008 19:08 Merci  |
Ecrit par pedro, le 02-02-2008 13:52 On t'aime Joël !!!!!!!!! |
fifi Ecrit par coco, le 02-02-2008 20:55 t es le meilleur joel mrci pour tout |
Ecrit par Benjamin, le 03-02-2008 22:55 J'espère qu'il va rester un peu plus que 2 ans à Lyon Joël. Sinon continuer comme ca toute l'équipe d'Espace-OL, ces interviews sont pas mal. |
merci pour tout Ecrit par mimifoot, le 18-02-2008 19:45 nostalgie de 1991 1992 cherche match cdf psg nantes mai 1992 psg rennes fevrier 1992 |
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