C’est déjà fini ! Alors qu’ils étaient onze à participer à l’Euro 2008, les internationaux lyonnais sont déjà tous rentrés chez eux ! Le dernier joueur de l’Olympique Lyonnais encore en lice, Fabio Grosso, ayant été éliminé hier soir par l’Espagne, plus aucun de nos représentants ne peut encore prétendre au titre tant convoité de champion d’Europe. Analyse des parcours des Olympiens...
Equipe de France : Carnet de route d’un échec
Le problème
avec les Bleus, c’est qu’on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser. Deux
ans après avoir frôlé le titre de champions du Monde à un tir au but près, voilà les
tricolores éliminés dès le premier tour de la Coupe d’Europe 2008. Et sans
briller, c’est le moins que l’on puisse dire. Transparents face à la Roumanie
(0-0), humiliés contre les Pays-Bas (4-1) puis sortis grâce à un certain
facteur de malchance lors de la dernière confrontation face aux Italiens (2-0),
rien n’aura souri aux coéquipiers de Grégory Coupet, auteur de quelques
bons arrêts mais loin d’être irréprochable lors du naufrage hollandais.
Pourquoi de la malchance ? Parce que lorsque son meilleur joueur, Franck
Ribéry, sort sur civière après dix minutes de jeu, qu’Eric Abidal concède un
penalty et récolte un carton rouge plus que généreuxquelques instants après et queThierry Henry
dévie du bout du pied le coup-franc rital menant au second but, il y a en effet
de quoi en vouloir au destin.
Néanmoins,
ne jouons pas les chauvins. Si l’Equipe de France fut éjectée aussi tôt dans la
compétition, c’est surtout elle la principale responsable. Aucune envie, aucun
esprit, aucun fond de jeu, ... Rien, que du vent et de la nostalgie chez les
supporters. Les souvenirs de 98, de 2000 ou encore de 2006 semblent si proches
et si loin à la fois. L’absence de Patrick Vieira ne fut jamais comblée, même
par un Jérémy Toulalan combatif et volontaire mais manquant encore de
souffle et d’expérience au plus haut niveau. Et seul le puissant milieu de
l’Inter Milan était capable dans cette équipe de créer un réel lien entre la
défense et l’attaque, d’apporter la première relance et de construire un vrai
esprit d’équipe. Résultat des courses : Les hommes de Raymond Domenech se
sont tout bonnement fait humiliés, à l’image du Mondial 2002, qui restera
marqué comme une très grosse blessure nationale. Certes Sidney
Govou aura tout de même montré quelques petites choses intéressantes.
Percutant, vif et auteur de certaines actions dangereuses, il fut le seul, avec
Franck Ribéry, à apporter réellement de l’animation offensive. Non, j’oublie
quelqu’un. Et il serait injuste de l’oublier. Qui ça ? Karim Benzema,
bien évidemment. Lui aussi se sera dépensé sans relâche. Mais le manque de
soutien dans l’axe lui aura été fatal. Autrefois étincelants, ni Thierry Henry
ni Nicolas Anelka n’auront su suivre et aider le prodige lyonnais. Oui, Karim
n’a pas à rougir. Idem pour Sidney et Jérémy. Car ils font bien partie des rares
titulaires à avoir montré de l’envie et de la fraîcheur dans cette équipe
vieillissante et orpheline de son Zizou national. D’ailleurs, le prochainnuméro 10 dans le cœur des Français ne devrait-il pas être le virtuose gone,
meilleur buteur du championnat de France cette saison ? Sur ce qu’on a vu
durant cet Euro, cela semble logique. Et ce ne
sont pas les quelques ragots de journalistes, tellement pressés et heureux de
mettre de l’huile sur le feu afin de trouver des raisons à l’échec et de vendre
leur papier, qui viendront bousculer cette logique. On a entendu que Benzema ne
s’entendait pas avec les anciens de L’Equipe de France ? Que les Thuram,
Makéléléet consorts n’apprécieraient pas un certain côté hautain de notre
perle ? Il est vrai que leur différence d’âge peut poser un vrai problème
dans les relations de tous les jours à l’entraînement. En tout cas, ces
derniers feraient sans doute mieux de se concentrer sur leur jeu, car les
« vieux », les leaders, les patrons tricolores font parti des points
noirs de cet Euro. Les années passent, et malheureusement les anciens murs
infranchissables s’effondrent peu à peu. Face à l’Italie, la titularisation de François
Clerc à la place de Willy Sagnol et l’entrée en jeu de Jean-Alain
Boumsong alors que Lilian Thuram était sur le banc en témoignent.
D’ailleurs, il n’y pas grand chose à dire sur ces deux défenseurs olympiens.
Ils ont fait leur boulot, et on n’a dans l’ensemble rien à leur
reprocher... Quant à Toto Squillaci, il n’aura tout simplement pas joué,
Raymond Domenech lui préférant son concurrent à Lyon. Au fait, ce dernier sera-t-il toujours aux commandes des Bleus en 2010 ? En tout cas, il serait bien injuste d'oublier trop vite ce qu'il nous a apporté par le passé.
Les autres internationaux de l’OL : Pas plus de
réussite Du côté des
autres joueurs lyonnais qualifiés pour la phase finale de l’Euro 2008, le bilan
n’est guère plus flamboyant. Le Suédois Kim Kallström n’aura pas suffi à
son équipe pour passer devant l’étonnante Russie et l’intéressante Espagne.
Pire, il n’aura disputé que 45 minutes et deux rencontres, alors qu’il pouvait
logiquement prétendre à une place de titulaire. Mais non, le coach national en
a décidé autrement, et le milieu créateur de l’OL a du prendre son mal en
patience sur le banc, assistant à la victoire encourageante des siens face à la
Grèce (2-0), puis participant aux deux échecs qui suivront, face à l’Espagne
(1-2) et la Russie (0-2). Le Tchèque Milan Baros n’aura lui non plus pas
eu le temps de jeu qu’il aurait pu attendre. Seulement une rencontre disputée,
dans son intégralité, face au Portugal pour une défaite (1-3). Et lors de la
victoire face à la Suisse (1-0) puis l’élimination dans les dernières secondes
contre la Turquie (2-3), l’entraîneur n’aura étonnamment pas fait jouer l’un
des meilleurs éléments de son équipe... Les
autres ? Il reste Patrick Müller, qui lui aura joué la
quasi-totalité des matches de la Suisse. Trois rencontres et 282 minutes.
Certes, sa nation n’aura pas brillé et sera elle aussi éliminée au bout de deux
matches perdus contre la République Tchèque (0-1) et la Turquie (1-2), mais
elle aura au moins eu le mérite de battre le Portugal lors de la dernière
rencontre (2-0). Et enfin, le Lyonnais qui aura fait le plus long parcours dans
cet Euro, Fabio Grosso, fut sorti hier soir, face à la belle équipe
espagnole, au terme d’une séance de tirs aux buts palpitante. Comme quoi,
l’Italie ne peut pas toujours gagner au jeu de hasard ! Mais le latéral
gauche olympien peut être fier de son bilan. Non seulement il aura disputé les
quatre rencontres de son équipe et 349 minutes de jeu, mais en plus il aura
fait parti des meilleurs éléments de son équipe. Apportant le danger en
attaque, il a su rester solide en défense, chose qu’il n’as pas toujours faite
à Lyon cette saison. Sans oublier qu’il inscrivit son tir au but face àIker
Casillas. Le parcours des champions du Monde ? Raclée contre les Pays-Bas
(0-3), nul décevant face à la Roumanie (1-1), victoire sans briller face aux
Bleus (2-0) puis la défaite contre l’Espagne aux tirs aux buts en quarts de
finale (0-0). Clap de fin, les Lyonnais sont désormais tous en vacances. Merci
et à la saison prochaine...