Humilié
dans le jeu par le Barça, l'OL a explosé devant le réalisme offensif
des Rangers (0-3). D'abord dominateurs, les Gones ont encaissé trois
buts contre le cours du jeu signés Lee McCulloch, D.Cousin et Beasley.
Au classement de la poule, les Lyonnais sont bons derniers avec zéro
point, à six longueurs de leurs adversaires du soir et du Barça,
vainqueur à Stuttgart (0-2).
Un véritable calvaire. Jean-Michel Aulas et
les dirigeants lyonnais attendaient le réveil de leurs protégés en
Ligue des Champions, à l'occasion de la réception des Glasgow Rangers de Daniel Cousin,
histoire d'effacer la claque subie sur la pelouse du Camp Nou par le
galactique FC Barcelone. Las, contre une équipe à priori largement à
leur portée, les champions de France ont totalement sombré sur le plan
collectif, ne parvenant jamais à trouver la faille dans le désormais
tristement célèbre mur écossais. Plus grave, de nouveau insuffisants
défensivement, ils ont encaissé trois buts synonymes de déroute.
Les surprises d'Alain Perrin
Au coup d'envoi de la rencontre, Alain Perrin, le technicien lyonnais, avait encore surpris son monde et modifié une énième fois le système tactique de son équipe. Pas de Jérémy Toulalan ni de Kader Keita sur la pelouse de Gerland mais Mathieu Bodmer replacé au milieu de terrain et Milan Baros au soutien de Karim Benzema.
L'entame était intéressante. Dès les premiers duels, les Gones tenaient
de faire valoir leur technique supérieure et allaient inlassablement
vers l'avant. Les premiers mouvements offensifs étaient donc lyonnais. Milan Baros tentait sa chance à l'entrée des seize mètres mais son tir était dévié en corner (10e). Juninho, revigoré par le retour au 4-3-3, centrait au but pour Karim Benzema mais l'attaquant tricolore était trop juste (22e).
Ce début de match ressemblait comme deux gouttes d'eau aux prestations
de l'équipe de France face à l'équipe nationale d'Ecosse... Et Lee McCulloch,
d'un formidable coup de tête sur un corner frappé côté droit, donnait
aux Lyonnais un aperçu du réalisme écossais en prenant le dessus sur Sébastien Squillaci (0-1, 23e). Une occasion, un but : l'OL tombait dans le piège.
Alain Perrin avait beau faire la moue sur son banc de touche, les bras
ballants, les Gones tentaient vaille que vaille de revenir au score.
Mais quelque chose est cassé dans le collectif des champions de France
si bien que chacun partait dans une solution individuelle comme. Milan Baros (30e) et Fabio Grosso (41e),
deux recrues récentes qui n'ont toujours pas compris que le salut passe
par le collectif. Seuls les coups francs lointains de Juninho mettaient
en danger les Gers. Sur une tentative surpuissante du stratège
brésilien, la barre transversale suppléait McGregor, battu (45e).
Le calice jusqu'à la lie
Au retour des vestiaires, l'OL reprenait son siège du but adverse. En
cinq minutes, l'édifice défensif des Gones s'écroulait comme un château
de carte. C'était d'abord Daniel Cousin, l'ancien pestiféré de Bollaert, qui trompait Rémy Vercoutre d'une lourde frappe dans un angle fermé (0-2, 48e). DaMarcus Beasley
finissait le travail sur un contre supersonique, en fusillant le
portier lyonnais de près (0-3, 53e). Le champion de France était KO
debout. D'abord stupéfait, le public lyonnais continuait néanmoins
d'encourager son équipe, de nouveau en difficulté en Ligue des
Champions. Depuis le couac face à l'AS Roma, en huitième de finale de
l'épreuve la saison dernière, l'OL a subi trois défaites de rang sur le
front européen Pire, en 2007, le club de Jean-Michel Aulas n'a pas
inscrit le moindre but dans l'épreuve en quatre matches (0-0, 0-2, 0-3,
0-3).
Abattus moralement, les protégés d'Alain Perrin ne
parviendront jamais à se remettre dans le sens de la route, malgré une
possession quasi-exclusive du ballon. On pourra plaider, avec
discernement, un certain manque de réussite. Après avoir touché la
barre transversale, Juninho voyait une de ses frappes heurter le
montant gauche alors que Cleber Anderson, pas irréprochable sur les
buts de la seconde période, touchait lui aussi du bois sur une tête à
bout portant. Sur le plan comptable, la soirée est catastrophique. Avec
la victoire du FC Barcelone à Stuttgart (0-2), l'OL se retrouve à six
points du duo infernal du groupe E, avec un goal-average très
particulier très défavorable. Le Lyon des années 2000, de Florent Malouda, Mickael Essien, Mahamadou Diarra ou Eric Abidal,
cadres partis depuis vers des grands noms du football européen, aurait
pu relever ce challenge. Celui d'Alain Perrin, fébrile et si faible
défensivement, n'a tout simplement pas le niveau. (Football.fr)
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